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Santé mentale au travail : dépasser les outils numériques pour une réelle prévention

Selon le Mind Health Report 2026 d'AXA, présenté dans un récent épisode du podcast « 2030, Investir Demain » par ID, l'Info Durable, 46 % des personnes interrogées présentent des signaux d'alerte ou…

Santé mentale au travail : dépasser les outils numériques pour une réelle prévention

Santé mentale: comment les entreprises peuvent mieux prévenir les risques

Selon le Mind Health Report 2026 d'AXA, présenté dans un récent épisode du podcast « 2030, Investir Demain » par ID, l'Info Durable, 46 % des personnes interrogées présentent des signaux d'alerte ou des troubles avérés de santé mentale, soit six points de plus qu'en 2021. Derrière ce chiffre se cache une croyance tenace en entreprise: celle qui voudrait qu'une simple application de mieux-être suffise à prendre en charge la souffrance psychique. L'enquête, menée auprès de 19 000 personnes dans 18 pays, rappelle plutôt qu'aucun outil isolé ne remplace l'ajustement relationnel ni l'attention portée au corps.

L'écart entre le besoin et l'accès réel

Le décalage est aussi saisissant du côté des attentes: 84 % des répondants souhaiteraient bénéficier de ressources mises à disposition par leur entreprise pour prendre soin de leur santé mentale, contre seulement 40 % qui déclarent y avoir accès ou simplement les connaître. Pour Clarisse Pamies, interrogée dans ce podcast, cette discordance mérite d'être nommée: « Il ne suffit pas de mettre une application à disposition pour qu'on ait traité le sujet de la santé mentale. » Elle en appelle plutôt à une combinaison de leviers — sensibilisation, formation des managers, accès à des psychologues, lignes d'écoute — afin de détecter les difficultés avant qu'elles ne se traduisent par des arrêts de travail.

Les écrans, l'IA et le risque d'une prévention solitaire

L'enquête relève par ailleurs plus de cinq heures d'utilisation quotidienne des écrans hors temps de travail, et 63 % des répondants déclarent recourir à l'intelligence artificielle pour poser des questions sur leur santé mentale. Ces usages facilitent l'accès à l'information et parfois aux soins, mais ils n'offrent pas, à eux seuls, le réglage fin que procure un accompagnement humain — celui où l'on peut, ensemble, ralentir le rythme de la respiration et retrouver un ancrage. Clarisse Pamies le formule ainsi: « La prévention, ce ne sera pas quelque chose qu'on pourra faire seul. Il faut s'appuyer sur un écosystème. »

Ce que vous pouvez en faire, dès aujourd'hui

Ce qu'il y a de précieux dans ce chiffre de 46 %, c'est qu'il replace la santé mentale du côté de la responsabilité collective — et donc de leviers que vous pouvez activer. Vous pouvez interroger votre service RH ou votre médecin du travail sur les ressources existantes plutôt que d'attendre d'être en arrêt; vous pouvez introduire de petits rituels de récupération dans la journée, en vous appuyant sur la respiration, l'ancrage corporel ou quelques minutes d'attention portée aux sensations, avant que la tension ne s'installe; vous pouvez enfin considérer un accompagnement par un hypnothérapeute, un professionnel des thérapies brèves, ou encore une activité physique adaptée, comme un espace où l'on apprend, à son rythme, à relâcher ces crispations devenues automatiques. L'idée n'est pas de masquer la difficulté, mais de retrouver, pas à pas, cet espace intérieur où le calme redevient possible.