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Premiers secours en santé mentale : comment agir face à la détresse psychique

D'après un reportage publié par Actusoins, le programme de Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) déploie ses premières formations en France depuis dix-huit mois.

Premiers secours en santé mentale : comment agir face à la détresse psychique

Le secourisme en santé mentale s'installe en France: ce que ça change vraiment pour vous

Né en Australie il y a vingt ans, le dispositif existe désormais dans vingt-trois pays et arrive chez nous via l'association PSSM France, portée par l'Unafam, Santé mentale France et l'INFIPP. Le principe: former n'importe qui — pas seulement les soignants — à repérer et soutenir une personne qui traverse une difficulté psychique. Pour notre lectorat, habitué aux outils concrets, c'est un levier à connaître.

Ce que la formation transmet vraiment

Loin du simple « soyez gentil et écoutez », le programme propose un protocole en cinq temps résumé par l'acronyme AERER: Approcher, Écouter, Réconforter, Encourager (vers les professionnels de santé), Renseigner (sur les ressources mobilisables). Deux jours de formation, avec jeux de rôle et cas concrets, pour apprendre à désamorcer une crise sans se mettre soi-même en surcharge.

Le contenu couvre un spectre large: baisse de moral passagère, état anxieux installé, dépression, crise suicidaire, jusqu'aux troubles liés à la consommation d'alcool. La formatrice interrogée par Actusoins, Christelle Cassan Vacher, insiste sur un point clé: le PSSM ne forme pas des thérapeutes. Il forme des premiers maillons — ceux qui osent parler au lieu de détourner le regard.

Pourquoi ça concerne votre pratique

Dans mon cabinet, je vois chaque semaine des patients qui ont mis des mois avant de consulter, parce que personne dans leur entourage n'a su nommer ce qui leur arrivait. Le réflexe dominant reste l'évitement: on attend que ça passe, on minimise, on confond « courage » et « silence ». Le PSSM attaque frontalement ce biais.

Pour celles et ceux qui pratiquent l'hypnose ou les thérapies brèves, le message est limpide: votre travail prend tout son sens quand il s'inscrit dans une chaîne. Identifier un trouble psychique naissant, orienter vers un professionnel, accueillir la parole sans juger — voilà ce qui raccourcit les parcours de soin.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Trois réflexes à activer, sans attendre une formation certifiante:

  • Déstabilisez votre propre évitement. La prochaine fois qu'un proche vous dit « je ne vais pas bien », résistez à l'envie de rassurer à tout prix. Une question ouverte (« qu'est-ce que tu traverses en ce moment? ») vaut mieux que dix « ça va aller ».
  • Repérez les signaux de surcharge, pas seulement de crise. Hypervigilance, sommeil haché, ruminations en boucle: ce sont les portes d'entrée d'un trouble anxieux. Le PSSM apprend à les identifier avant le point de rupture.
  • Cherchez les formations PSSM près de chez vous. Le programme est ouvert à tous, pas réservé aux soignants. Pour un hypnothérapeute, c'est un complément direct à votre boîte à outils — vous savez accueillir un état modifié de conscience, vous saurez aussi accueillir une détresse.

L'arrivée de ce dispositif en France n'est pas un effet de mode. C'est la traduction concrète d'un changement de paradigme: la santé mentale ne relève plus seulement du cabinet, elle commence dans la rue, au bureau, à la maison.