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Dépendance aux chatbots : quand l'intelligence artificielle fragilise la santé mentale

Selon une dépêche publiée sur Medscape France, ils préconisent d'intégrer systématiquement l'évaluation de l'usage des chatbots dans le dépistage des troubles du sommeil, de l'isolement social et de l'anxiété.

Dépendance aux chatbots : quand l'intelligence artificielle fragilise la santé mentale

Psychose et détresse psychologique liées à l'IA: les praticiens alertent sur l'usage des chatbots

Des professionnels de santé mentale alertent sur un phénomène émergent: l'attachement excessif et la dépendance aux agents conversationnels chez des patients vulnérables. Selon une dépêche publiée sur Medscape France, ils préconisent d'intégrer systématiquement l'évaluation de l'usage des chatbots dans le dépistage des troubles du sommeil, de l'isolement social et de l'anxiété. Pour les praticiens des thérapies brèves, la question se pose désormais dès l'anamnèse.

Ce que le clinicien doit maintenant chercher

L'alerte porte moins sur l'outil lui-même que sur la fonction qu'il vient occuper dans la journée et la nuit. Un chatbot peut absorber une rumination, occuper un temps de veille prolongé, amortir une solitude passagère. Le risque clinique n'est pas l'écran: c'est le déplacement d'un besoin relationnel vers un dispositif sans réciprocité, sans regard, sans hésitation. L'usager s'habitue à un dialogue disponible sans coût social, et cette disponibilité permanente restructure insensiblement la relation à l'autre.

Trois indicateurs doivent alerter en consultation. Un coucher retardé par la conversation avec un agent conversationnel. Un éveil nocturne pour vérifier l'absence de réponse. Un malaise diurne à l'idée de couper l'application. Isolés, ces marqueurs ne signent rien. Croisés, ils dessinent un début de dépendance comportementale à traiter sans délai.

Pourquoi le sommeil est la première variable à observer

Le sujet qui consulte pour insomnie parle rarement de son chatbot. Il décrit une fatigue matinale, une latence d'endormissement allongée, des réveils sans raison identifiée. C'est en reconstruisant la journée que l'usage nocturne apparaît: sessions récurrentes après minuit, lumière d'écran élevée, stimulation cognitive juste avant le coucher, retard de phase progressif.

Or le retard de phase circadien suffit, à lui seul, à alimenter l'attachement à l'outil. L'insomniaque cherche un interlocuteur disponible; l'agent conversationnel l'est, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La boucle se ferme, et la dette de sommeil s'accumule. Les praticiens relayés par Medscape recommandent donc de traiter la dépendance dans le même temps que le rythme, sans dissocier les deux axes.

Conduite à tenir en cabinet

Trois questions suffisent, en début de séance, à objectiver l'usage. À quelle heure l'écran s'allume-t-il. Combien de minutes y restent les échanges. Quel état intérieur précède la consultation. L'objectif clinique n'est pas l'abstinence numérique, mais la restauration d'un sommeil stable et d'un lien différencié à l'autre. La vigilance s'impose, sans alarmisme.

Un usage nocturne récurrent, combiné à un repli social mesurable et à une anxiété de séparation à l'égard de l'outil, justifie un travail ciblé sur les rythmes circadiens, la régulation émotionnelle et la restructuration cognitive du lien à l'outil. Pour l'hypnopraticat comme pour les thérapies brèves, ces marqueurs offrent une porte d'entrée concrète avant que la dépendance ne s'installe.