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Santé mentale des jeunes : comprendre le cercle vicieux du mal-être

D'après une étude publiée dans la revue BMC Medicine par une équipe pluridisciplinaire de l'Université de Copenhague, le sommeil dégradé et la détresse psychique des jeunes adultes ne se résument…

Santé mentale des jeunes : comprendre le cercle vicieux du mal-être

D'après une étude publiée dans la revue BMC Medicine par une équipe pluridisciplinaire de l'Université de Copenhague, le sommeil dégradé et la détresse psychique des jeunes adultes ne se résument plus à un coupable facile, mais s'inscrivent dans un réseau de vingt-neuf facteurs qui s'alimentent en boucle. Ce travail, qui a mobilisé quatorze spécialistes — psychiatres, psychologues, sociologues, épidémiologistes —, identifie cent soixante-quinze relations causales capables d'entretenir, chez les jeunes, un état de mal-être prolongé, et ouvre la voie à des interventions de santé publique enfin mieux ciblées.

Un diagramme de boucles, pas une cause unique

L'outil développé par les chercheurs danois prend la forme d'un « diagramme de boucles causales ». L'idée est simple à formuler, mais elle change profondément la lecture que l'on peut avoir du quotidien d'un jeune qui dort mal: le stress, les habitudes d'écran, la sédentarité, la solitude, le tabagisme, l'inflammation du corps ou encore le statut socio-économique ne sont pas des facteurs isolés, mais des fils qui se nouent et se tirent les uns les autres, comme le souligne Naja Hulvej Rod, professeure d'épidémiologie à l'Université de Copenhague: « de nombreux facteurs, étroitement imbriqués dans un réseau complexe, doivent être pris en compte », plutôt qu'une cause unique à corriger. Pour Jeroen Uleman, professeur au Copenhagen Health Complexity Center, cette cartographie permet désormais de mieux comprendre « comment une série d'autres mécanismes peuvent potentiellement entretenir et aggraver » le lien entre mauvais sommeil et symptômes dépressifs — autrement dit, de voir la spirale plutôt que de chercher la première maille qui aurait lâché.

Ce que cela change pour l'accompagnement

Pour vous, qui accueillez en cabinet des jeunes adultes épuisés, cette modélisation invite à un changement de regard. Plutôt que de travailler uniquement sur l'insomnie ou l'anxiété comme si elles étaient des symptômes isolés, il devient pertinent d'explorer, avec lenteur et douceur, ce qui, dans le rythme de vie, dans les usages numériques ou dans le rapport au corps, entretient la boucle. Les outils hypnotiques trouvent ici une place cohérente: la respiration posée, l'ancrage dans le souffle, la construction d'un espace intérieur sûr offrent au patient un point d'appui là où la spirale semble se resserrer, et permettent d'agir simultanément sur le corps, sur l'attention et sur la perception du temps qui passe.

L'étude, intitulée The Young Adult Sleep Model, est parue dans BMC Medicine le 21 mai 2026. Elle ne prétend pas expliquer à elle seule la crise de santé mentale des jeunes, mais propose une représentation plus fidèle de la complexité dans laquelle nombre d'entre eux s'enlisent — et, par là même, des leviers sur lesquels il devient enfin possible d'agir.