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Santé mentale des adolescents : comment transformer leur rapport aux réseaux sociaux

Il y a une croyance qui circule avec une telle évidence qu'elle finit par ne plus être interrogée: celle selon laquelle les adolescents, parce qu'ils sont nés avec un smartphone entre les mains, sauraient d'instinct en user sans dommage.

Santé mentale des adolescents : comment transformer leur rapport aux réseaux sociaux

Or, comme le rapporte epochtimes.fr en s'appuyant sur le dernier avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), les réseaux sociaux peuvent bel et bien altérer la santé mentale des plus jeunes et amplifier leurs vulnérabilités. La bonne nouvelle, c'est que la question n'est pas de renoncer aux écrans ni de multiplier les discours moralisateurs: elle consiste à revisiter ses usages, et c'est précisément là que le regard thérapeutique trouve sa juste place.

Ce qui se joue dans le corps, bien avant dans la pensée

Quand un adolescent vous dit « ça va » tout en restant figé sur un défilement, il livre rarement un mensonge: il décrit, à sa manière, un état dans lequel la pensée n'a plus vraiment prise. La surcharge attentionnelle, cette stimulation permanente qui empêche le cerveau de descendre en régime, se traduit d'abord par des signaux corporels que l'on apprend trop souvent à ignorer. Mâchoire qui se serre, épaules qui remontent, respiration qui s'écourte, difficulté à retrouver le silence intérieur, tous ces ressentis-là sont les premiers à nous parler, bien avant les mots que l'on pourrait formuler. Les repérer, c'est déjà commencer à desserrer l'étau, parce que le corps, contrairement à l'écran, ne ment pas.

Accompagner sans contraindre: la voie de l'expérience

L'enjeu, comme le souligne l'approche présentée par le média, n'est pas d'interdire mais d'inviter à revisiter. Et revisiter, dans une démarche inspirée de l'hypnose comme dans l'éducation numérique, commence par une expérience très concrète: poser le téléphone quelques minutes, simplement observer ce qui vient, l'impatience, l'ennui, parfois un soulagement discret. Ce sont ces micro-espaces de pleine conscience qui réintroduisent du rythme, qui rappellent au système nerveux qu'il peut, lui aussi, ralentir et retrouver un ancrage. Pour un parent, il ne s'agit pas de contrôler l'usage du jeune mais de modéliser le sien: montrer, par le corps, qu'une conversation peut s'achever sans notification, qu'un repas peut se vivre sans défilement, qu'un moment d'ennui n'est pas un vide à combler mais un espace intérieur à habiter. C'est souvent dans ces permissions silencieuses que se reconstruit, chez l'adolescent, la possibilité d'un usage choisi plutôt que subi.