Actualité

Troubles anxieux : pourquoi l'OMS mise sur les thérapies brèves pour combler le déficit de soins

L'OMS vient de publier un bilan actualisé sur les troubles anxieux, et le chiffre frappe avant tout par son ampleur: 470 millions de personnes seraient concernées dans le monde, soit 5,8 % de la population globale.

Troubles anxieux : pourquoi l'OMS mise sur les thérapies brèves pour combler le déficit de soins

Ce qui retient l'attention du clinicien, c'est moins le décompte que le constat dressé sur l'écart entre l'offre de soins existants et les besoins — un écart que les thérapies brèves contribueraient à réduire.

Un fossé qui interroge la posture du praticien

À peine plus d'un quart des personnes en besoin — 27,6 % selon le rapport — accèdent effectivement à un traitement. Comment, dès lors, continuer à penser la clinique sans interroger ce qui, dans le cadre même de nos interventions, participe à maintenir cette inaccessibilité? L'OMS identifie plusieurs obstacles: manque de reconnaissance de la maladie, sous-investissement dans les services de santé mentale, pénurie de professionnels formés, et stigmatisation sociale. Chacun résonne avec ce que nous rencontrons en cabinet: des patients qui arrivent après des années de retard, convaincus que leur souffrance n'était pas légitime pour consulter. On touche là, souvent, à un transfert négatif envers le soin lui-même — cette conviction secrète que l'on ne mérite pas d'être soulagé.

Les protocoles brefs: un levier, sous condition de cadre

Le rapport souligne l'efficacité des protocoles issus des thérapies cognitivo-comportementales et de la gestion du stress pour élargir l'accès aux soins. Sans surprise, mais avec une nuance que l'on doit garder en tête: ce qui fait la force de ces approches — leur structuration, leur durée limitée, leur reproductibilité — ne doit pas devenir un alibi pour appauvrir la relation thérapeutique. Le risque serait de réduire le soin à une succession de techniques, là où le patient a besoin d'être rencontré dans sa complexité systémique. Les interventions brèves gagnent en efficacité précisément lorsqu'elles s'inscrivent dans un cadre postural rigoureux, où la limite du temps imparti devient un levier et non une contrainte subie.

Trois points à retenir pour la pratique: les troubles anxieux constituent le groupe le plus fréquent parmi les troubles mentaux; les femmes y sont davantage exposées que les hommes; enfin, ils augmentent significativement le risque de dépression, de troubles liés à l'usage de substances et de pensées suicidaires. Ce n'est pas un inconfort à relativiser — c'est un signal à accueillir, d'autant que des leviers préventifs existent, de l'activité physique aux programmes scolaires d'apprentissage socio-émotionnel.