
Quand la musique entre dans la salle de consultation
L'idée que la musique puisse soigner n'a rien d'une formule ésotérique, et c'est précisément ce que viennent interroger les rencontres organisées par santementale.fr les jeudi 1er et vendredi 2 octobre, d'abord à l'Hôpital de la Conception (AP-HM, Marseille), puis au CH Le Vinatier (Lyon). Deux tables rondes réunissant psychiatres, chercheurs et artistes autour d'un sujet encore discret dans l'espace public: les liens entre musique, mouvement, états modifiés de conscience et santé mentale. Si vous avez déjà ressenti un changement d'humeur à l'écoute d'un morceau, ou un relâchement du corps en dansant, vous savez intuitivement ce que la neurologie commence à formaliser.
Un croisement entre pratique clinique et création
Le pari de ces rencontres est de déplacer le regard, comme le rapporte santementale.fr: il ne s'agit pas seulement de se demander comment la musique, la danse ou certaines substances peuvent influencer la santé mentale, mais aussi ce que la psychiatrie peut apporter à la création artistique, en termes de compréhension des émotions, du trauma et des états de conscience. Les deux séances sont portées institutionnellement par le Dr Xavier Zendjidjian, psychiatre et chef de service à l'AP-HM Marseille, et par le Pr Nicolas Franck, du CH Le Vinatier et de l'Université Lyon 1. La modération est assurée par le Dr Benjamin Goodfellow, psychiatre en Nouvelle-Calédonie et artiste électronique sous le nom de Dr Goodfellow, dont le parcours illustre justement ce passage entre la blouse et la scène.
Parmi les intervenants communs aux deux villes figurent le Dr Vincent Liaudat, psychiatre-musicien spécialisé en thérapies psychédéliques à Lausanne, le Dr Michaël Koslowski, psychiatre-chercheur rattaché à l'AP-HM Marseille et à la Charité de Berlin, ainsi qu'Alexandre Tannous, ethnomusicologue à Columbia University, qui interviendra en visioconférence. À Lyon s'ajoute le Dr Emmanuel Monneron, psychiatre et chorégraphe-danseur au CH Le Vinatier, un profil qui résume à lui seul la tension féconde entre corps, mouvement et soin psychique.
Ce que vous pouvez en tirer concrètement
Pour celles et ceux qui accompagnent des patients ou qui simplement cherchent à comprendre leur propre rapport à la musique, ces échanges rappellent que l'écoute attentive, le rythme et le mouvement ne sont pas de simples compléments: ils modifient réellement l'état intérieur, ouvrent un espace de respiration là où le mental s'était verrouillé. L'après-midi studieux se prolonge d'ailleurs, chaque soir, par un concert électronique. À Marseille, le 1er octobre, l'Unité 22 accueille de 20h à 0h30 le Dr Goodfellow, le Dr Zendjidjian et le Dr Attalin, avec la participation possible du Dr Liaudat. À Lyon, le 2 octobre, la soirée caritative — lieu encore en cours de confirmation — réunit (fmR)z (Dr Zendjidjian), Dr Goodfellow, Dr Attalin en clôture, ainsi que davince, le projet musical du Dr Liaudat, en invité.
Reste à garder un fil conducteur pour qui suit ces questions: la santé mentale ne se traite plus seulement dans le face-à-face verbal, et les états modifiés de conscience, lorsqu'ils sont encadrés par des cliniciens formés, deviennent un objet de recherche sérieux. Les travaux présentés lors de ces tables rondes mériteront d'être suivis, ne serait-ce que pour vérifier, à votre propre écoute, ce que votre corps vous disait déjà.