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Surmonter le stress post-traumatique après un séjour en réanimation

Selon la BBC, une thérapie centrée sur le trauma montre des résultats encourageants chez des personnes ayant survécu à un séjour en soins intensifs et présentant un trouble de stress post-traumatique, ou TSPT.

Surmonter le stress post-traumatique après un séjour en réanimation

L’étude EMERALD, menée par l’University Hospital Southampton dans trois hôpitaux du NHS, s’intéresse à l’EMDR, une thérapie de parole déjà utilisée dans la prise en charge des traumatismes. Pour les patients, l’enjeu est important: le corps peut avoir récupéré, tandis que les souvenirs, les cauchemars et l’anxiété continuent de maintenir l’expérience dans l’espace intérieur.

Quand la sortie de réanimation ne signifie pas encore le retour à soi

Au Royaume-Uni, environ 200 000 personnes survivent chaque année à un passage en unité de soins intensifs. D’après les éléments rapportés par la BBC et le Daily Echo, près d’une personne sur quatre présenterait ensuite des symptômes significatifs de TSPT, qui peuvent persister longtemps après la récupération physique.

Le décalage est souvent difficile à comprendre pour l’entourage, et parfois pour le patient lui-même. La respiration s’est stabilisée, les examens se sont améliorés, la vie quotidienne reprend progressivement, mais certaines images restent très présentes, le sommeil se fragmente, le corps demeure en alerte, comme s’il n’avait pas encore reçu le signal que le danger était terminé. Les souvenirs liés à la maladie grave, aux traitements ou à l’hospitalisation peuvent alors continuer à peser sur les gestes les plus simples.

L’étude EMERALD a évalué l’EMDR auprès de survivants des soins intensifs dans trois établissements: l’University Hospital Southampton, le Royal Bournemouth Hospital et le Poole General Hospital. Les premiers résultats suggèrent que cette prise en charge est réalisable et acceptée par les patients, avec une amélioration des symptômes rapportée dans cette petite étude.

L’EMDR, une piste spécialisée pour les souvenirs qui restent actifs

L’EMDR, pour Eye Movement Desensitisation and Reprocessing, est décrite comme une thérapie de parole destinée à aider la personne à retraiter des souvenirs éprouvants. Elle peut notamment s’appuyer sur des mouvements des yeux ou sur des sons, dans un cadre thérapeutique. L’objectif n’est pas d’effacer ce qui s’est passé, mais de modifier la manière dont le souvenir continue de s’imposer au présent, avec sa charge de peur, de tension ou de désorganisation.

Le témoignage de Hazel Southam illustre ce chemin avec une grande précision. Après l’apparition brutale d’une maladie auto-immune rare, elle a passé plus de deux mois à l’hôpital, dont 43 jours en soins intensifs et trois semaines dans un coma artificiel. Elle a ensuite été informée qu’elle souffrait d’un TSPT lié à son séjour en réanimation. Ses symptômes comprenaient notamment une forte anxiété et une insomnie qui a duré dix mois, selon le Daily Echo.

Après avoir reçu de l’EMDR, elle a déclaré que la thérapie avait fait une grande différence et qu’elle avait finalement pu retrouver le sommeil. Son expérience ne constitue pas, à elle seule, une preuve générale d’efficacité, mais elle donne à voir ce que signifie, au quotidien, un traumatisme post-réanimation: comprendre ce qui est arrivé peut parfois réduire la peur attachée au souvenir, et permettre au corps de relâcher progressivement son ancrage dans l’urgence.

Ce que cette recherche doit encore vérifier

Les chercheurs présentent ces résultats comme encourageants, tout en soulignant la petite taille de l’étude. La prochaine étape annoncée est un essai national de plus grande ampleur, destiné à déterminer si l’EMDR améliore réellement les symptômes et aide les patients à reconstruire leur vie après les soins intensifs.

Pour les personnes concernées, le point essentiel est donc de ne pas considérer les cauchemars, l’anxiété ou les troubles du sommeil comme une simple faiblesse, ni comme une conséquence qu’il faudrait supporter en silence une fois la récupération physique engagée. Le travail de l’équipe de Southampton porte précisément sur l’identification de ces patients et sur la possibilité de leur proposer un accompagnement spécialisé centré sur le trauma.

La recherche ne dit pas encore que l’EMDR doit devenir systématiquement une étape des parcours de récupération après réanimation. Elle ouvre toutefois une question concrète, particulièrement importante en thérapie brève et dans l’accompagnement du stress: lorsque le corps est sorti du danger, de quel soutien a-t-il besoin pour que la perception, le sommeil et le sentiment de sécurité puissent, eux aussi, retrouver peu à peu leur place?