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Traumatismes après les incendies : comment accompagner le stress post-traumatique

Selon France 3 Régions, le mégafeu qui a ravagé la Gironde a laissé derrière lui un autre paysage, moins visible, celui des réactions de stress, de retrait et d’inquiétude qui peuvent suivre une catastrophe.

Traumatismes après les incendies : comment accompagner le stress post-traumatique

Le dispositif d’urgence médico-psychologique installé notamment au Porge accompagne les personnes évacuées ou ayant perdu leur logement, avec une attention particulière portée aux enfants. Pour les lecteurs qui s’intéressent au stress et aux thérapies brèves, cette actualité rappelle combien l’écoute précoce et le repérage des signes comptent dans les jours qui suivent un événement vécu comme hors norme.

Quand le corps reste en alerte après le danger

Le feu, commencé à Saumos le 22 juillet, aurait ravagé 42 000 hectares, entraîné l’évacuation de 224 000 personnes et détruit de nombreuses habitations. Au Porge, 183 maisons ont été effacées par les flammes, tandis qu’une cellule d’urgence médico-psychologique accueillait les sinistrés sur place ou à distance.

Ce dispositif, mis en place par l’hôpital Charles Perrens de Bordeaux, réunit des psychiatres, des psychologues et des infirmiers formés à la santé mentale en situation de catastrophe. Selon le docteur Charles-Henry Martin, psychiatre responsable de la cellule d’urgence médico-psychologique de Nouvelle-Aquitaine, 40 agents sont allés sur le terrain et plus de 900 consultations ont été réalisées.

Dans ce type de contexte, le ressenti peut rester longtemps décalé par rapport à la réalité immédiate: le danger s’éloigne, mais le corps continue parfois à réagir, avec une tension aiguë, une fatigue importante ou un besoin de se protéger. Le psychiatre rappelle toutefois qu’il est normal de présenter des symptômes marqués durant les premiers jours, car il s’agit de réactions normales face à une situation profondément anormale.

Cette nuance est essentielle, car elle permet de ne pas médicaliser chaque émotion, tout en évitant de laisser s’installer une souffrance qui ne se calme pas. Les professionnels proposent une première évaluation, quelques éléments de psychoéducation, puis peuvent organiser de nouvelles consultations lorsque cela paraît nécessaire.

Chez l’enfant, observer les changements discrets

Les enfants font l’objet d’une vigilance particulière, y compris lorsqu’ils n’ont pas été directement exposés aux flammes. Les images de l’incendie, diffusées de manière répétée, peuvent en effet toucher largement les personnes confrontées à l’ampleur de l’événement. Le conseil donné par les professionnels est de limiter autant que possible l’exposition des plus jeunes à ces images.

Les signes à observer ne sont pas toujours spectaculaires. Le docteur Charles-Henry Martin cite notamment un détachement inhabituel, un retrait par rapport au jeu habituel ou la réapparition du pipi nocturne. Ce sont des modifications du comportement et du rythme quotidien qui peuvent constituer un premier langage du malaise, surtout lorsque l’enfant ne parvient pas encore à mettre des mots sur ce qu’il ressent.

Pour l’entourage, l’enjeu consiste donc moins à forcer la parole qu’à maintenir un espace stable, attentif, où l’enfant peut retrouver progressivement des repères. Une observation calme, sans dramatisation, permet de distinguer une réaction transitoire d’un changement qui mérite un accompagnement professionnel.

Le délai reste un repère important

Le psychiatre souligne aussi que les personnes ayant déjà connu des incendies, notamment lors d’événements antérieurs, peuvent être particulièrement réactivées par ce nouveau traumatisme. En Gironde, l’intensité du feu et l’ampleur des évacuations ont renforcé cette résonance avec les expériences passées.

Le repère transmis par la cellule est clair: si les symptômes persistent ou s’intensifient au-delà d’une semaine, il est recommandé de consulter. Une prise en charge précoce peut aider à stabiliser la situation et à limiter le risque d’évolution vers un stress post-traumatique, selon les propos rapportés par France 3 Régions.

Après une catastrophe, il n’existe pas de calendrier identique pour tous. Mais il existe une direction concrète: écouter les signaux du corps, regarder les changements chez l’enfant, réduire l’exposition aux images et demander un avis lorsque l’apaisement ne revient pas. Dans ces moments, retrouver un peu d’ancrage ne signifie pas oublier ce qui s’est passé, mais recommencer à disposer d’un espace intérieur où l’événement n’occupe plus toute la place.