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Interventions transdiagnostiques : adapter la thérapie interpersonnelle aux crises actuelles

Psychiatry Online vient de publier un protocole d'intervention transdiagnostique bâti sur les principes de la thérapie interpersonnelle (IPT), pensé comme une réponse modulable aux grandes crises sanitaires mondiales.

Interventions transdiagnostiques : adapter la thérapie interpersonnelle aux crises actuelles

Dans le même mouvement, Psychiatrist.com détaille la place des soins basés sur la mesure dans la prise en charge de l'anxiété généralisée — deux publications qui, à des niveaux différents, rejoignent ce que vous rencontrez chaque jour en cabinet.

Un cadre qui traverse les diagnostics

Le titre posé sur Psychiatry Online annonce clairement la couleur: il s'agit d'un protocole pensé pour traverser les étiquettes diagnostiques et s'adresser à des personnes dont les tableaux cliniques se chevauchent dans un contexte de crise globale. Le contenu détaillé de l'article ne nous est pas accessible dans la source consultée, et nous resterons donc sobres sur ses conclusions.

Ce qui mérite déjà votre attention, c'est l'idée même d'un outil transdiagnostique. Beaucoup d'entre vous voient arriver des patientes et patients qui ne présentent pas un seul « trouble » bien délimité, mais un entrelacs de fatigue, d'anxiété diffuse, de sommeil haché, parfois de deuil ou de perte de sens. Penser une intervention capable de franchir ces frontières diagnostiques, c'est reconnaître ce que vous percevez depuis longtemps dans votre fauteuil: la souffrance ne se laisse pas toujours ranger dans une case du DSM.

Le GAD-7: mesurer pour mieux percevoir

L'article de Psychiatrist.com plonge dans un outil que vous avez probablement déjà croisé: le GAD-7, une échelle d'auto-évaluation en sept items, développée et validée en soins primaires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: sur 2 739 participantes et participants, 965 ont accepté un entretien psychiatrique structuré, et un seuil de 10 ou plus a permis d'identifier l'anxiété généralisée avec une sensibilité de 89 % et une spécificité de 82 %. La cohérence interne atteint 0,92 (alpha de Cronbach) et la fidélité test-retest 0,83 — des valeurs solides, qui en font un repère utilisable au quotidien.

Les seuils de 5, 10 et 15 correspondent à des intensités légère, modérée et sévère. Mais l'intérêt de l'outil ne s'arrête pas à cette photographie initiale: il permet aussi de suivre l'évolution, de voir si la respiration se libère, si le sommeil s'allonge, si le corps se relâche entre deux séances. C'est là que la mesure rejoint votre ressenti de clinicien: un chiffre n'a de sens que s'il dialogue avec ce que la personne vous raconte de l'intérieur.

Ce que cela change concrètement dans votre pratique

En 2023, l'US Preventive Services Task Force a recommandé le dépistage des troubles anxieux chez les adultes de 19 à 64 ans, y compris pendant la grossesse et le postpartum — une recommandation de grade B fondée sur des preuves indirectes, liant la précision des outils de dépistage à l'efficacité des traitements disponibles. Chez les 65 ans et plus, la même instance a rendu un « I statement », faute de données suffisantes sur la fiabilité des outils dans cette tranche d'âge.

Côté britannique, le NICE rappelle dans sa guideline CG113 (mise à jour 2019) que la prise en charge de l'anxiété généralisée passe par l'identification, l'évaluation, l'éducation et le suivi actif, sans imposer d'échelle particulière. Les lignes directrices canadiennes publiées en 2014 mentionnent huit traitements de première ligne et suggèrent un suivi d'au moins 12 à 24 mois pour la majorité des patientes et patients.

Une méta-analyse de sept essais randomisés a retrouvé un taux de rémission plus élevé avec les soins basés sur la mesure qu'avec les soins habituels (52,8 % contre 43,0 %; odds ratio 1,83), ainsi qu'une meilleure adhésion au traitement — même si cinq des sept essais présentaient un risque de biais élevé. L'étude CALM, menée auprès de 1 004 patientes et patients en soins primaires (dont 75 % présentaient une anxiété généralisée), a comparé une démarche collaborative avec suivi des symptômes en ligne aux soins habituels.

Pour vous, concrètement, cela ouvre une question simple: quel repère utilisez-vous aujourd'hui pour mesurer ce qui se transforme chez la personne que vous accompagnez? Si vous travaillez déjà avec un agenda de suivi, un questionnaire bref ou une échelle validée, vous êtes dans cette logique de mesure sans l'avoir forcément nommée. Sinon, le GAD-7 peut être un point de départ accessible, à proposer en début de suivi et à refaire toutes les quatre à six semaines — pour voir se dessiner, dans les chiffres comme dans le corps, le chemin qui se fait.