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L'accommodation familiale : comment les proches influencent malgré eux l'anxiété et les TOC

D'après un travail récemment relayé par PsyPost, les proches d'une personne confrontée à l'anxiété ou à des troubles obsessionnels modifient souvent, sans même en avoir conscience, leurs propres…

L'accommodation familiale : comment les proches influencent malgré eux l'anxiété et les TOC

D'après un travail récemment relayé par PsyPost, les proches d'une personne confrontée à l'anxiété ou à des troubles obsessionnels modifient souvent, sans même en avoir conscience, leurs propres habitudes pour adoucir les situations redoutées — et ce schéma se retrouve à tous les âges de la vie. Bonne nouvelle pourtant: lorsque la prise en charge cible précisément ces ajustements familiaux, le degré d'implication initial des proches ne conditionne plus les progrès observés chez le patient.

Le piège du bon réflexe

Vous avez probablement déjà rassuré mille fois votre enfant avant un examen, ou évité pour un proche un lieu qui déclenche une angoisse, en vous disant que c'était la moindre des choses, que vous faisiez simplement preuve de bienveillance. Et c'est vrai, votre intention est belle, profondément humaine. Mais voilà ce que les recherches rassemblées par l'équipe de Jacqueline Sperling, psychologue clinicienne à la Harvard Medical School et codirectrice du McLean Anxiety Mastery Program, permettent de mieux comprendre: ce type d'ajustement — ce que les chercheurs nomment l'accommodation familiale — tend à entretenir, parfois même à renforcer, la peur qu'il cherche à apaiser.

Concrètement, cela prend des formes très ordinaires, presque invisibles au quotidien: répondre encore et encore à la même question pour calmer une inquiétude, participer à un rituel pour éviter la tension, réorganiser les repas ou les sorties pour écarter un déclencheur. À court terme, la pression retombe, la maison respire un peu. À moyen terme, en revanche, la personne n'apprend plus qu'elle peut elle-même traverser l'inconfort, et le corps continue d'enregistrer la situation comme réellement menaçante, alors qu'elle ne l'est pas.

Ce que cela change dans la pratique

Ce qui rend l'étude particulièrement intéressante pour notre approche, c'est qu'elle a suivi des patients bénéficiant d'un accompagnement intensif — d'un côté 67 enfants et adolescents âgés de 8 à 19 ans, engagés dans un programme ambulatoire renforcé sur plusieurs après-midi par semaine; de l'autre 131 adultes de 18 à 76 ans, accueillis en hospitalisation partielle ou en programme résidentiel, avec une durée moyenne de séjour d'environ deux mois. Dans ce cadre, le travail ne se limite pas au patient lui-même: il intègre explicitement les proches et leurs automatismes d'ajustement.

Le résultat le plus encourageant pour vous qui accompagnez ou vivez aux côtés d'une personne anxieuse, c'est précisément que le niveau d'accommodation présent au départ ne prédit plus l'évolution. Autrement dit, il n'est jamais trop tard pour modifier la dynamique, et un cadre thérapeutique adapté peut aider chaque membre de la famille à retrouver sa juste place — ni trop en avant dans le rituel, ni en retrait total face à la détresse de l'autre.

Ce que vous pouvez observer dès ce soir

Plutôt que de grandes théories, deux choses simples à regarder, avec douceur, dans votre propre quotidien. D'abord, repérer les petites scènes répétées où vous intervenez "pour que ça aille plus vite": la question à laquelle vous répondez pour la énième fois, le trajet que vous modifiez, l'objet que vous manipulez à la place de votre proche. Nommer ces gestes en vous-même, sans culpabiliser, c'est déjà commencer à desserrer l'étau.

Ensuite, accepter un inconfort partagé, même très minime: laisser une seconde de silence avant de répondre, laisser votre enfant approcher seul de ce qui le gêne, laisser l'adulte gérer lui-même un petit imprévu. L'anxiété n'aime ni le vide ni l'évitement, mais elle apprend à fondre lorsque le corps expérimente, avec quelqu'un de fiable et de présent à ses côtés, qu'il peut porter l'instant sans se briser. C'est précisément cet espace-là que les thérapies brèves et l'hypnose cherchent à rouvrir, pour que chacun retrouve, à son rythme, la sensation d'être capable.